đž GisĂšle Pelicot m'a saisie.
- 13 mai
- 2 min de lecture
Pas à cause du procÚs, pas à cause des articles qui ont déferlé.
Ă cause d'une photo.
Sa photo de couverture de son livre. Un portrait simple, sans mise en scĂšne. Un regard posĂ©, une prĂ©sence tranquille. Cette qualitĂ© rare d'une personne qui n'est pas en train de se montrer, mais qui est simplement lĂ . Ni colĂšre, ni effondrement et qui dit « je nâai pas peur quâon me voie. »
Jâai achetĂ© le livre, il sâintitule « et la joie de vivre ». Doublement saisie.
Et je l'ai lu avec une grande admiration. GisĂšle Pelicot est pudique, nuancĂ©e, profondĂ©ment humaine. Elle avait envie d'une vie classique â une famille, un mari, une histoire simple et belle.
Elle appartient Ă une gĂ©nĂ©ration pour qui la tenue, la retenue, la dignitĂ© ne sont pas des contraintes â ce sont des maniĂšres d'habiter le monde. Et cette fidĂ©litĂ© Ă elle-mĂȘme, on la sent dans chaque page. C'est une femme qui ne s'est pas trahie.
 Ce qui m'a le plus touchée, c'est une confidence presque anodine : à 16 ans, elle se demandait déjà quelle était sa mission de vie. Cette question l'habitait, sans réponse claire, comme elle habite beaucoup d'entre nous.
Et puis la vie est passée. Les années, les choix, les épreuves.
Et c'est Ă plus de 70 ans â avec ce qu'elle traverse, sans l'avoir cherchĂ©, sans l'avoir voulu â qu'elle trouve peut-ĂȘtre cette rĂ©ponse. Dans la maniĂšre avec laquelle elle a choisi de traverser l'insupportable : debout, sans se renier, avec une cohĂ©rence intĂ©rieure remarquable.
« Me voilĂ Ă plus de 70ans femme martyre, symbole dâune nouvelle vague fĂ©ministe que je connais peuâŠ. Je resterai celle que je suis, sans haine, incapable d'opposer les hommes aux femmes, car, je le crois, nous sommes faits pour vivre ensemble. »
On nous dit souvent â surtout aux jeunes â qu'il faut trouver sa mission de vie vite. Comme si c'Ă©tait une case Ă cocher avant 35 ans, un secret qu'on Ă©tait censĂ© percer en sortant dâun week-end de dĂ©veloppement personnel ou aprĂšs un bilan de compĂ©tences bien ficelĂ©.
GisĂšle Pelicot nous rappelle quelque chose de plus lent, et de plus vrai : une mission de vie, ça ne se trouve pas. Ăa Ă©merge â quand on a eu le courage, annĂ©e aprĂšs annĂ©e, de ne pas se trahir. De rester alignĂ© avec ce qu'on est, mĂȘme quand c'est inconfortable, mĂȘme quand personne ne regarde.
C'est en avançant qu'on se découvre. Pas avant.
Et si on changeait le mondeđen arrĂȘtant de chercher qui on est pour commencer Ă vivre comme on est ?
Un petit pas pour aujourdâhui : regardez votre photo de profil. Est-ce que câest vraiment vous â ou la version que vous croyez devoir montrer ?
à trÚs vite ! Maëlenn
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